Wednesday, April 15, 2009
Propositions pour Caminando Web
Ceci dit, je ne sais pas comment vont vos affaires (Alexa.com classe le site 12 870 997), mais permettez-moi, et ce très, très, très humblement de vous faire quelques propositions quant à d'éventuelles évolutions de votre site web.
Caminando Web est un site web transactionnel correspondant au modèle classique des sites d'affaires électroniques établi à la fin des années 1990. Sur le site, il est possible de naviguer au travers d'une liste d'articles de toutes sortes allant des bijoux aux vêtements. Il est aussi possible d'insérer ces articles dans un charriot électronique (shopping cart) et de les commander en payant par carte de crédit directement ou indirectement. Tout cela est très bien. C'est un modèle qui a fait ses preuves en permettant à tout visiteur, ou qu'il soit, de parcourir le site et d'acheter ce qui l'intéresse. Un liste de distribution (courriels) est également disponible pour se tenir informé des nouveaux arrivages.
Toutefois, quand on prend en compte les avancées technologiques récentes (appelons ça Web 2.0 ou médias sociaux, etc.), on ne peut que conclure qu'on peut aller beaucoup (beaucoup, beaucoup) plus loin et ce, sans nier la mission que s'est donné le groupe, en fait, bien au contraire.
Ma proposition est la suivante:
- transformer le site Caminando Web en communauté virtuelle regroupant les gens intéressés par l'Amérique latine (plus précisement Guatemala et Mexique dans ce cas-ci), par les objets artisanaux d'Amérique latine ou par le commerce équitable.
Revenons à la base: qui sont les gens succeptibles de visiter et d'acheter sur Caminando Web ? Il s'agit sans doute d'un groupe de gens relativement restreint qui compte un ou plusieurs des particularités suivantes:
- les gens ayant visité le Guatemala ou le Mexique
- les gens aimant les objets artisanaux typiques de ces pays
- les gens sensibles aux conditions de production équitables
L'idée de base derrière ma proposition est d'offrir du contenu correspondant aux besoins des gens succeptibles de visiter le site afin de favoriser leur fidélité, leur engagement (comme on dit maintenant), d'augmenter la fréquence et la durée de leurs visites, d'accroitre leurs interactions, leur participation et, évidemment l'achat d'articles d'artisanat.
Ce contenu pourrait d'ailleurs être offert par les visiteurs eux-mêmes et pourrait être:
- des photos prises lors de voyages, pouvant être commentées, etc.
- des articles traitant de tel ou de tel producteur (on en trouve déjà sur le site)
- des nouvelles traitant de problématiques propres aux économies ou liées à la politique locale.
Évidemment, tout ce contenu n'a pas à être "sur" le site. Les photos et vidéos peuvent être sur Flickr (plutôt que la gallerie mobileme tel qu'actuellement) et sur Youtube. Les articles peuvent provenir de différents sites de nouvelles (comme risal.info). En ce sens, le site Caminando Web peut être un aggrégateur de contenu tout en offrant des fonctionnalités de réseautage.
Cette proposition implique-t-elle nécessairement des travaux importants: non pas tellement. Il existe des plateformes de réseaux sociaux (je pense à Ning) qui permettent de construire et de mettre en ligne un réseau en quelques minutes.
Cette proposition implique-t-elle nécessairement de démolir le site actuel: pas nécessairement. Pour ceux qui le préfèrent, le site actuel peut toujours être fonctionnel et offrir, via API, les services nécessaires au site de réseautage.
D'autres technologies de type Web 2.0 peuvent-elles être associées? Bien sûr! C'est nettement une question d'imagination. On peut facilement tirer parti de sites comme Twitter, last.fm sans compter Facebook ou encore myspace pour faire connaitre la nouvelle communauté Caminando!
Peut-on aller plus loin? Bien sûr! En suivant le modèle de Kiva (kiva.org), on pourrait associer les acheteurs aux producteurs, c'est-à-dire aller plus loin que le simple achat d'un article mais établir une relation entre un résident du Nord sensibilisé au commerce équitable et amoureux du Guatemala ou du Mexique et un producteur du Sud.
Voilà donc. En espérant que vous trouviez ces idées intéressantes.
Au plaisir,
DK
Friday, November 7, 2008
D'une part, je travaille avec le groupe digiactive dont la mission est d'aider les activistes dans l'utilisation des nouvelles technologies, et plus particulièrement les tech Web 2.0 et mobiles.
Par ailleurs, je travaille avec Attac-Québec au niveau de leur site web. Et finalement, j'appuie Québec Solidaire dans la présente campagne électorale en apportant mon soutien technique par rapport à l'utilisation des technologies Web. En effet, pour la campagne, QS a mis en place un groupe de cyber-militants qui sont actifs sur un ensemble de plateformes de type Web 2.0 (bloggues, Facebook, Twitter, etc.) et je suis en appui technique à la responsable de ce groupe. C'est extrêmement intéressant et j'ai vraiment l'impression d'aider.
Thursday, October 2, 2008
Canada Noir, un SLAPP de Barrick Gold envers Ecosociété
Je suis totalement sidéré par le traitement qui est réservé à Ecosociété de même qu'aux auteurs de Noir Canada dans le cadre du SLAPP intenté par Barrick Gold.
Il est clair que ça prend un mécanisme et des recours pour faire valoir son désaccord en cas de publication d'informations fausses ou tendancieuses mais de là à actionner des individus pour des montants follement astronomiques, il y a une marge qui me semble disproportionnée. La réaction de Barrick Gold, à fortiriori si l'on rajoute les propos qui étaient rapportées dans Le Devoir d'aujourd'hui, m'apparait clairement trop violente. Ca me semble être une "job de bras" qui discrédite totalement leur action et leur point de vue. Sans doute qu'à la base, l'entreprise n'a pas l'intention d'en faire un acte d'intimidation mais le résultat est tout de même cela. Et l'impact est ceci: les auteurs y repenseront à deux fois avant d'écrire un texte dénonçant des méthodes et pratiques potentiellement douteuses.
Et cet état de fait est hautement dommageable.
Pouvons-nous tolérer que des auteurs ou des chercheurs ayant en leur possession des informations sensibles s'auto-censurent de peur de voir leur vie démolie? Cela ne rappelle-t-il pas un système qui s'est écroulé à la fin des années 80 ?N'y a-t-il pas une manière plus civilisée pour Barrick Gold de répondre aux allégations qui sont publiées dans le livre? N'y a-t-il pas matière à organiser un débat? Ou à publier une communication qui répondrait point par point au livre ? Advenant que les principaux points du livre soient effectivement réfutés, cela porterait sérieusement ombrage à la crédibilité des auteurs ainsi qu'à la maison d'édition et ce serait là leur châtiment.
Par ailleurs, sur un plan plus global, ce triste cas ne peut-il pas engendrer la mise en place d'un cadre qui éviterait de retomber dans une telle situation?Il m'apparait évident qu'une loi anti-SLAPP est fortement requise de sorte à ce que ceci ne se reproduise tout simplement plus. C'est une question de droit à l'information et de liberté d'expression.
Wednesday, September 24, 2008
Comment organiser l'information militante sur Internet (2ème partie)
1. Les sites de références qui sont les sites ou les blogs qu'on consulte sur une base régulière,
2. Les aggrégateurs de contenu qui permettent de concentrer l'information afin de pouvoir la consultation très rapidement,
3. Le "social bookmarking" qui permet d'associer nos signets à des mots-clés (tags) ce qui facilite leur recherche et surtout leur partage.
Certains autres outils de type Web 2.0 sont fort intéressants quoiqu'à ce niveau, certaines carences restent, selon moi, à combler.
4. Les outils qui amènent à la surface les nouvelles les plus importantes.
Certains outils permettent non seulement d'accéder à une aggrégation de contenu mais ils permettent aussi de voir rapidement les nouvelles les plus importantes. Évidemment, la notion d'importance d'une nouvelle reste assez subjective et chaque outil implémente son propre modèle.
AideRSS
AideRSS est un aggrégateur de fils RSS qui offre la possibilité de déterminer ce qu'on veut rendre visible. En fait, AideRSS amène un peu le "page_ranking" de Google au niveau des fils RSS en faisant l'hypothèse que plus une nouvelle est lue et/ou plus une nouvelle est commentée, plus elle est importante. On peut donc, à partir de fil RSS qu'on a inscrit dans AideRSS, déterminer qu'on veut dans un premier avoir visibilité sur le "top 20%" des nouvelles.
L'avantage d'AideRSS est qu'il permet à l'utilisateur d'y inscrire les fils RSS de son choix. AideRSS est ni plus ni moins qu'un filtre "quantitatif" appliqué à ces fils.
Digg
Digg est un site qui permet de faire référence à une nouvelle. En fait, plus une nouvelle est "référencée", plus elle monte à la surface. Pour "digger" une nouvelle, il s'agit de la "poster" sur le site de Digg ou encore de cliquer sur le bouton "Digg" qui se trouve maintenant sur des centaines de sites de nouvelles, dont les plus importants.
L'importance de la nouvelle est donc associée au nombre de "Digg". C'est ce que les américains appellent "wisdom of the crowd", ce qui, on s'en doute, a parfois bien peu à avoir avec la sagesse.
Digg permet donc de voir très rapidement "ce qui est hot" (sur un horizon quotidien, hebdomadaire, mensuel, etc.). Un des désavantages est que les catégories sont très générales, certaines étant très orientées au niveau des technologies.
5. Les réseaux sociaux
Les réseaux sociaux tels que myspace, orkut, ning, hi5 ou facebook sont clairement l'innovation technologique de 2007-2008. Ce n'est pas tant l'application que le potentiel que recèle cette approche qui est extraordinaire.
Si on en revient à la problématique de base visant à m'informer, en tant que militant ou activiste, sur un sujet d'intérêt précis (la guerre Irak, la crise en Bolivie ou la pauvreté des enfants dans Montréal Centre-Sud), rien ne peut égaler un cadre ou plusieurs partageant les mêmes intérêts que moi peuvent utiliser des outils pour faire circuler de l'information. Si je suis par exemple dans Facebook et que je suis inscris à un groupe traitant de la Bolivie, dès qu'une personne publie une nouvelle, pose une question, apporte un élément d'information, tous les membres de ce groupe peuvent accéder à l'information, la commenter, la bonifier et ainsi de suite.
Le concept est imparable!
Il existe toutefois un certain nombre de problèmes. La langue par exemple en est un. Si je suis vraiment intéressé par la Bolivie et que je ne parle pas espagnol ou même anglais, je manque nécéssairement bon nombre d'information. Ou même si je parlais ces langues, il y a fort à parier que je doive m'inscrire à plusieurs groupes différents sans possibilité d'aggrégation de contenu.
L'alertage en est un autre. La technologie Web actuelle est dite "stateless" dans le sens ou l'utilisateur "doit aller" vers l'information. Rien ne permet actuellement à ce que je sois alerté "sur le champs" si par exemple Morales faisait l'objet d'un coup d'état. Nous n'en sommes pas très loin mais ce n'est pas possible pour l'instant.
Un autre aspect négatif, selon moi, est le faible niveau d'activité au niveau des groupes de Facebook (le site que je fréquente le plus souvent). Prenons par exemple, cinq groupes auxquels je suis inscrit:
- Attac-Montréal
- Attac-Québec
- Forum social québécois
- Québec solidaire
- NPD Québec
Si on cumule l'activité de ces groupes sur les 9 derniers mois, c'est extrêmement faible. A moins que je me plante et que quelqu'un m'indique un groupe ou un site ou tout le monde est en contact!
6. Le "lifestreaming"
Le "lifestreaming" est représenté par un outil révolutionnaire qui s'appelle Twitter.
Essentiellement, un utilisateur de Twitter fait deux choses:
1. Il indique ce qu'il fait présentement
2. Il consulte ce que les autres font (en déterminant au préalable qui il "suit")
Ca peut paraitre totalement bénin et personnellement, je suis un peu sceptique face à un tel outil.
Il demeure que plusieurs activistes ont utilisé Twitter pour donner de l'information lors de représsion policière ou lors de manifestations (voir digiactive.org et globalvoicesonline.org). Il demeure aussi qu'en termes de "fil de presse", Twitter a gagné ses lettres de noblesse battant tous les réseaux américains incluant CNN. Il s'agit en fait de "suivre" les bonnes personnes.
D'un autre côté, on retrouve beaucoup de "bruit" sur Twitter. Il devient rapidement ardu de sélectionner l'information intéressante quoique je suis certain que de tels outils existent.
Conclusion
Tous ces outils m'apparaissent fort intéressants. Il demeure que ce sont des outils de type Web 2.0 et qu'ils seront pertinent s'ils sont utilisés par des gens qui sont tout aussi pertinents.
Si tous les activistes de gauche, si tous les militants utilisaient massivement ces outils au niveau de leur potentiel, je suis personnellement convaincu que nous serions estomaqués du gain que nous ferions, collectivement.
Tuesday, September 16, 2008
Comment organiser l'information militante sur Internet
Comment organiser l'information militante sur Internet
La quantité d'information que nous permet d'accéder l'Internet est tout à fait phénoménale. Toutefois, rapidement, cette quantité devient telle qu'on risque de crouler sous une tonne d'information plus ou moins significative par rapport à notre champs d'intérêt.
En ce sens, tout activiste ou tout militant soucieux d'accéder à la meilleure information, la plus pertinente et la plus récente possible, de façon efficace, précise et ce, rapidement peut désormais utiliser une nouvelle génération d'outils disponibles sur Internet.
En effet, des outils liés à ce qu'on appele Web 2.0 permettent, et ce gratuitement, d'organiser, de trier, de filtrer l'information pour permettre au militant ou à l'activiste d'avoir rapidement l'information dont il a besoin pour être à jour ou pour être informé de derniers développement dans son domaine de prédilection.
Évidemment, certaines carences restent à combler mais l'état de ces outils est assez intéressant pour qu'on puisse les présenter et en tirer parti dans notre quotidien.
C'est ce que fait ce court texte en divisant les outils en différentes catégories.
1. Les sites de référence
Les sites de référence demeurent la base de recherche d'information du militant. Il s'agit de sites qui publient plus ou moins régulièrement de l'information touchant un ou plusieurs domaines d'intérêt. La méthode classique consiste à "bookmarker" ces sites et à les visiter sur une base quotidienne ou hebdomadaire.
Dans mon cas, ces sites sont (pas nécessairement dans l'ordre):
- Alternatives (http://www.alternatives.ca/)
- ATTAC-Québec (http://www.quebec.attac.org/)
- CMAQ (http://www.cmaq.net/fr/)
- Presse-toi à gauche (http://www.pressegauche.org/index.php)
- L'Aut'Journal (http://www.lautjournal.info/)
Puis, il y a aussi:
- Znet (http://www.zmag.org/znet)
- Democracy Now (http://www.democracynow.org/)
- Left Turn (http://www.leftturn.org/)
Et évidemment:
- Le Monde Diplomatique (http://www.monde-diplomatique.fr/)
Depuis peu, il y a aussi les blog qui peuvent être intéressants quoique généralement désordonnés. Personnellement, je fréquente les blog suivants (toujours dans le désordre) :
- iRevolution (http://irevolution.wordpress.com/)
- My Word is my Weapon (http://mywordismyweapon.blogspot.com/)
- La Commune NEFAC-Montréal (http://www.nefacmtl.blogspot.com/)
- Le front de la connerie progresse (http://otovon.wordpress.com/)
- Normand Baillargeon (http://nbaillargeon.blogspot.com/index.html)
- Pour que demain soit (http://pourquedemainsoit.wordpress.com/)
- The revolution will not be identified (http://www.therevolutionwillnotbeidentified.blogspot.com/)
2. Les sites d'aggrégation de contenus
Ces sites permettent de consolider un grand nombre d'information puisé de plusieurs sources, que ce soit de sites de référence, de fil RSS, de blog ou autres. Ils permettent au militant d'accéder "en un coup d'oeil" à l'information qui l'intéresse.
Parmi les sites d'aggrégation de contenus les plus importants, il y a:
- Pageflakes (http://www.pageflakes.com/default.aspx)
- IGoogle (http://www.google.com/ig)
- Netvibes (http://www.netvibes.com)
Dans le cas de pageflakes, qui est celui que j'utilise, la page est automatiquement "rafraichie" ce qui convient très bien pour les sources très actives. Finalement, il est possible de publier, c'est-à-dire de permettre la consultation de sa page pageflakes à d'autres militants.
3. Le "bookmarking" social
Le "bookmarking" social apporte de nouvelles fonctionnalités fort intéressantes. Plusieurs sites existent mais je vais me servir de la référence en la matière: Delicious (http://delicious.com/Diatribekarma)
Le "bookmarking" social permet non seulement de "bookmarker" des sites mais aussi de leur associer des "tags" afin de les classer et de pouvoir les rechercher ou y accéder ultérieurement. Ces "tags" permettent de plus d'accéder aux sites qui ont été "bookmarké" par d'autres utilisateurs.
Il est également possible de voir combien de fois un site "bookmarké" l'a été par d'autres utilisateurs, et par qui. Ceci permet alors de voir l'ensemble des sites "bookmarkés" par un utilisateur, ce qui, pour des raisons d'affinité, devient extrêmement intéressant.
Finalement, il est possible de "s'abonner" à des "tags", ce qui nous permet d'accéder à des sites qu'on n'aurait peut-être pas vu. Et le summum, il est possible de "s'abonner" à utilisateur, ce qui nous permet de suivre ses recherches, et fort probablement, d'enrichir les nôtres.
4. Les "watchdog"
Il est possible de fréquenter certains sites sur une base plus ou moins ponctuelle. Il est aussi possible de s'abonner à des fils RSS. Mais devant la quantité d'information, il est parfois difficile d'être efficace.
De nouveaux outils permettent de transformer "à la volée" un site web en RSS. De plus, ils permettent de "filtrer" le contenu de sorte à ne laisser passer que ce qui correspond à des règles qu'on aura programmé.
Par exemple, je peux m'abonner à un flux RSS du New York Times (par exemple http://www.nytimes.com/services/xml/rss/nyt/Americas.xml) mais vouloir consulter uniquement ce qui traite de la Bolivie.
Les outils FeedRinse (http://www.feedrinse.com/) ou Yahoo! Pipes (http://pipes.yahoo.com/pipes/) permettent de faire ce travail. Dans le cas de Yahoo! Pipes, il est même possible d'utiliser des "pipes" construites par d'autres utilisateurs. Et de plus, dans l'esprit Web 2.0, il est possible de "piper" des "pipes", c'est-à-dire de mettre plusieurs "pipes" en séquence de sorte à ce que l'output de l'une serve à l'input d'une autre.
La suite
La suite, avec d'autres outils et certaines carences lors d'un prochain "post"...
Monday, September 8, 2008
Comment faire prendre conscience pour mobiliser les forces
Un des comportements que j'ai décidément de la misère à comprendre, et surtout, à accepter, est le fait que la pauvreté des gens, et à fortiori des enfants, ne soient pas une obsession de tous les instants chez mes contemporains. Je ne comprends et n'accepte pas que les gens n'aient pas identifié ce mal comme étant un problème moral majeur, en plus d’être la cause d'un ensemble de drames individuels et collectifs, et qu'on n'ait pas, collectivement, décidé qu'on allait s'attaquer à celui-ci de façon sérieuse, résolue et définitive.
Ainsi, préalablement à cette mobilisation massive dont je rêve, il y a la prise de conscience. Il y a le fait que chacun y pense constamment, s'en enquiert auprès des médias, agit et essaie de faire sa part, en aidant l'autre, d'une façon ou d'une autre. Car, à partir du moment où tous aurait pris conscience du problème, de son ampleur, et, par simple solidarité (je n'ai pas écrit charité) humaine, tous aurait décidé que ce problème serait du passé, il y a fort à parier que tous les dirigeants (politiques, d'affaires, etc.) se verraient questionnés à ce sujet (mais que faites-vous, concrètement ?) et tous les citoyens se sentiraient directement concernés (mais que faisons-nous, concrètement, individuellement et collectivement ?).
Et, dans ce contexte, la société se doterait d'outils, de métriques, permettant de vraiment comprendre l'ampleur de la situation, à quel rythme celle-ci s'améliore... ou pas.
Évidemment, tout ce raisonnement repose sur l'hypothèse qu'advenant le jour où la pauvreté deviendrait clairement une obsession populaire, la société parviendrait à élaborer et mettre en place les moyens (très certainement protéiformes) pour s'attaquer clairement au problème, que l'on devine fort complexe.
Comment faire prendre conscience pour mobiliser les forces
En ce sens, la question de base est donc comment s'y prendre pour amener cette cause à un niveau de conscience généralisé de telle sorte à ce qu'elle ne soit pas balayée dans les secondes qui suivent, et surtout, à ce qu'elle permette une mobilisation puissante, inédite, organisée, soutenue, concrète et durable.
Certes, on pressent que la difficulté est encore plus probante aujourd'hui qu’hier, bombardé que nous sommes par des tonnes stimuli (publicité, information et tutti quanti) plus ou moins utiles et même pertinentes. De plus, de nos jours, avec l’utilisation d’Internet (Youtube par exemple), la notion de médias de masse est remise en question.
C'est dans ce contexte qu'il faut trouver la formule... si elle existait, car franchement, si ça existait, ça se saurait.
Évidemment certains éléments de réflexion s'offrent à nous. On pressent qu'on peut jouer sur l'émotion ou sur la surprise, sur l'originalité ou sur l'intelligence. On pressent que certains paramètres peuvent être déduis et appliqués.
Je pense par exemple à des évènements marquants, des coups de tonnerre médiatique, dont tous se souviennent (11 septembre 2001, la marche sur la Lune, Kennedy et plus localement, Polytechnique, Dawson, etc.) et qu'il est donc possible de générer un moment d'unanimité dans les consciences. Ces moments sont toutefois généralement lié à un drame important.
Je pense aussi à un curieux phénomène québécois: les têtes à claques dont le contenu est particulièrement bête et stupide mais qui, en utilisant certes un procédé novateur, ont réussi à s'inscrire dans la conscience de la majorité (jeunes et vieux) en tablant uniquement sur le bouche à oreilles. C’est moins vrai maintenant mais il fut un temps pas si lointain ou tous parlaient des têtes à claques et ou les blagues étaient entendues jusque dans les salles de réunion d’entreprises fort respectables.
Je pense également à un « takeover » momentané de Youtube ou deux activistes ont monté un réseau de contacts qui avaient pour instruction de changer l'image présentant les vidéos à un moment précis, engendrant un effet de courroie (typique dans ce genre de techno) le poussant ainsi dans le tableau des top-10 des vidéos les plus discutés (http://www.readwriteweb.com/archives/how_2_nerdfighters_took_over_youtube.php)
Finalement, je pense à une publicité d’Amnesty International (http://blog.hatem.ca/?p=133) qui a utilisé des images de jeux télévisés (et autres inepties) en y superposant le message d’AI (la campagne pas ici mais maintenant). Tout simplement inédit et intelligent, bref, génial.
Bref, je cherche la voie. Je pressens que les technologies actuelles (Internet, Web 2.0, etc.) recèlent un potentiel pour mettre de l’avant des causes, pour faire s’inscrire dans les consciences un besoin de faire s’estomper les inégalités sociales, et bien sûr, sans que cela tombe dans les mains des marchands.
Après tout, si une multinationale comme Rio Tinto Alcan fabrique du respect (!!!), ils sont bien capables de se mettre à nous vendre de l’égalité sociale!